Évaluation de la situation de référence liée à l’indicateur « Diversité alimentaire minimale des femmes en âge de procréer et enfants de 6 à 23 mois » dans les sites AHA du PASSIP IV Output 3

La restitution des résultats de l’étude a eu lieu dans la salle de réunion d’AFC/GIZ Mali à Badalabougou en présence des services techniques, l’équipe de projet d’AFC/GIZ Mali et les autres partenaires de mise en œuvre du projet ; Août 2020.

1.1.           Contexte du projet

 

Le Programme d’Appui au Sous-Secteur de l''Irrigation de Proximité (PASSIP) fait partie dans sa phase actuelle du Programme « Promotion de l’agriculture/ Agriculture irriguée durable » de la Coopération Allemande au Mali. Le point focal de ce programme réside dans la promotion de l’irrigation de proximité au profit des petites et moyennes exploitations agricoles familiales de certaines régions au Mali. Il contribue à la mise en œuvre du Programme National de l’Irrigation de Proximité (PNIP) qui est le cadre fédérateur de toutes les interventions de l’irrigation de proximité (IP) au Mali.

L’IP est un instrument essentiel du gouvernement de la République du Mali pour atteindre la sécurité alimentaire et nutritionnelle. Elle est aussi considérée comme un outil propice pour accroître la productivité agricole et améliorer la résilience des populations rurales et de leurs systèmes de production contre les effets pernicieux du changement climatique.

Le problème central motivant la mise en œuvre du PASSIP (qui en est à sa 4ème phase) est que les producteurs dans l’irrigation de proximité ne sont, jusqu’à présent, pas suffisamment en mesure de mettre en valeur leurs ressources productives et valoriser les produits tant sur le plan économique que nutritionnel.

Une telle problématique a déterminé la mise en œuvre de l’approche chaine de valeur agricole au cours des phases précédentes du PASSIP, ainsi que la réalisation d’activités visant la diversification de la consommation alimentaire afin d’améliorer l’état nutritionnel des populations rurales exploitant les différents sites d’aménagements hydro-agricoles (AHA).

De 2015 (année de référence) à 2019, la mise en œuvre dans les régions de Sikasso et Koulikoro, du volet « Alimentation et nutrition » du projet IRRIGAR co-financée par l’Union Européenne et intégrée dans la composante 3 du PASSIP III a permis d’aboutir à une évolution relative de plusieurs indicateurs liés à la diversité de la consommation alimentaire dans les sites AHA.

En effet :

  • La proportion de mères consommant 6 groupes d’aliments ou plus (sur 9 groupes) est passée de 1% à 16,7% à Koulikoro et de 1,5% à 18,8% à Sikasso,
  • L’analyse des résultats liés au score de diversité alimentaire des enfants de 6 à 23 mois montre une augmentation de la diversité élevée de 5,3 % en 2015 à 10,1% en 2019 dans la région de Sikasso et une baisse dans celle de Koulikoro (9,1% en 2015 contre 6,3% en 2019).
  • Quant au score de diversité alimentaire des enfants de 24 à 59 mois, il présente une amélioration tant à Koulikoro (13,5% en 2015 contre 26,4% en 2019) qu’à Sikasso (9% en 2015 contre 23,2% en 2019).

Un tel tableau qui se traduit par la faible pratique de diversité alimentaire des enfants de 6 à 23 mois dans ces deux régions pourrait s’expliquer par le recours des mères aux pratiques structurelles d’alimentation pour les enfants de cet âge (6 à 23 mois) ou à l’insuffisance de promotion des activités de diversification alimentaire.

De même, on note une amélioration du score de la consommation alimentaire acceptable dans la région de Koulikoro (97,4% en 2019 contre 37,3% en 2015) et dans celle de Sikasso (92,1% en 2019 contre 53,8% en 2015). La comparaison des valeurs de ces indicateurs montre qu’ils sont supérieurs à la moyenne nationale et selon les résultats de l’Enquête Nationale sur la Sécurité Alimentaire et Nutritionnelle (ENSAN). En effet, les scores de la consommation alimentaire des ménages au Mali étaient acceptables pour 70,5% en 2015 et pour 75,8% en 2018.

Les interventions ayant conduit à ces différents résultats ont été menées selon l’approche « agriculture sensible à la nutrition » et ont été conduites au moyen de l’outil « Communication pour le Changement Social et du Comportement (CCSC) ».

L’analyse de ces données montre que celles-ci présentent une évolution mitigée. Ces variables méritent en effet une nette amélioration par des actions plus amplifiées et efficaces afin d’assurer la durabilité des effets qu’elles traduisent.

Cette perspective est une ambition bien affichée pour la phase 4 (actuelle) du PASSIP subdivisée en trois outputs et avec comme objectif : « les conditions-cadres de planification et de production sensibles à la nutrition pour la population rurale travaillant dans l’irrigation de proximité sont améliorées ». Elle est de façon spécifique précisée dans l’objectif de l’output 3 du PASSIP intitulée « la mise en valeur des sites sélectionnés sensitifs aux aspects de nutrition est assurée ».

La zone d’intervention dans le cadre de l’output 3 comprend 20 sites AHA dans les régions de Koulikoro et de Sikasso avec un groupe cible de 1.200 exploitations agricoles dont 240 détenues par des femmes. Ces différents sites concernent non seulement ceux ayant déjà bénéficié des appuis du PASSIP dans ses phases antérieures et concernés par les résultats indiqués précédemment mais aussi ceux dans lesquels aucun accompagnement n’avait été réalisé. Aucune donnée liée à la diversité de la consommation alimentaire n’est donc disponible dans ces derniers sites d’AHA.

La réalisation efficace d’actions liées à l’axe « Sécurité alimentaire et nutritionnelle » de l’output 3 du PASSIP devront permettre d’aboutir à l’atteinte de l’indicateur 5 du module PASSIP 4 « le pourcentage de femmes parmi les 1.200 ménages participants dans les sites sélectionnés, dont la diversité alimentaire est supérieure à la norme minimale définie par la FAO (Diversité Alimentaire Minimale , DAM-F) a augmenté de 3% ».

Afin de fournir des données de base pour la mesure de cet indicateur durant les actions concernées, il est prévu une étude de référence sur la diversité alimentaire minimale des femmes en âge de procréer et des enfants de 6-23 mois. Il s’agit d’une mesure de la qualité de l’alimentation qui reflète l’adéquation de l’apport en nutriments et la diversité du régime alimentaire.

 

1.2.           Objectifs de l’étude

 

L’objectif principal est de fournir des informations fiables liées à la situation de référence de l’indicateur « diversité alimentaire minimale des femmes en âge de procréer et des enfants de 6-23 mois » dans les sites AHA du PASSIP IV des régions de Sikasso et Koulikoro.

Plus spécifiquement, il s’agira de :

  • Déterminer le nombre et le pourcentage de femmes en âge de procréer ayant atteint une diversité alimentaire minimale selon les normes de la FAO (consommation de 5 groupes d’aliments ou plus) ;
  • Déterminer le nombre et pourcentage d’enfants de 6-23 mois, ayant atteint une diversité alimentaire minimale selon les normes de l’OMS (consommation de 4 groupes d’aliments ou plus) ;
  • Suggérer des recommandations en termes d’actions spécifiques à réaliser en agriculture/irrigation de proximité sensible à la sécurité alimentaire et nutritionnelle et avec quels acteurs clés, y compris les formations en lien avec l’indicateur concerné.
  • Identifier les besoins spécifiques de formation des acteurs notamment en approche champ école paysan /SRI[1] et maraîchage et l’utilisation/consommation des aliments diversifiés selon les besoins, surtout des femmes et des enfants ;
  • Évaluer et analyser les possibilités de synergie d’action entre GRA et GSAN ;
  • Évaluer les forces et faiblesses de l’approche ;
  • Dégager les facteurs clés de réussite et d’échec des actions du groupe de réflexion ;
  • Élaborer un plan de renforcement et de pérennisation et des acquis.

 

[1] SRI : Système de Riziculture Intensif